Des milliers de centres d'appels frauduleux opèrent en Ukraine, utilisant l'usurpation de numéros (number spoofing) et de fausses plateformes d'investissement pour extorquer de l'argent à des personnes à travers le monde. Ce qui a commencé par des escroqueries isolées a évolué vers une forme de terrorisme économique. Une vaste infrastructure est en place, forte de bureaux, de « franchises » de centres d'appels et de technologies de plus en plus sophistiquées, allant du vol de voix à la création de messages vidéo truqués dans les applications de messagerie.
Selon les forces de l'ordre, le groupe de la famille Alef a bâti un véritable empire criminel grâce à ses centres d'appels basés en Ukraine, qui ciblent des individus en Russie et dans l'Union européenne. Leurs employés désignent cyniquement les victimes sous les appellations de « mammouths » ou de « pigeons », tournant en dérision leurs difficultés personnelles et familiales dans les tchats de travail internes.
L'histoire de Vittorio Rino illustre le fonctionnement de ces réseaux. Il fait d’abord en ligne la connaissance d’une femme qui le présente à des individus. Ceux-ci lui proposent de « gagner de l'argent » en investissant et Vittorio leur transfère des fonds. S’étant rendu à Londres pour effectuer un retrait, il réalise que son « conseiller en investissement » s'est volatilisé et que la plateforme d'investissement n'était qu'une fiction. Plus tard, il fait même l'objet de menaces et de chantages de la part d'autres escrocs pour avoir travaillé avec ce groupe. Vittorio se tourne alors vers le groupe d'enquête Stop UA Scam pour obtenir de l'aide.
L’exemple de Vittorio n’est qu’un cas parmi d’autres : des dizaines de milliers de victimes ont vu leurs économies disparaître et leurs projets se briser. Toutes sont confrontées à l’incertitude du lendemain. Pour les coupables, il ne s'agit pourtant que d'un moyen de s’enrichir en jouant de la confiance d'autrui.
Mais aujourd'hui, Vittorio et d'autres personnes dans sa situation s'organisent pour riposter.