Malgré des divergences entre pays vainqueurs, un consensus permit d’aller au bout des procès de Nuremberg. Durant onze mois, le tribunal entendit des milliers de témoignages bouleversants. L’URSS, s’appuyant notamment sur les procès-verbaux de la Commission d’enquête extraordinaire qui, dès 1942, avait documenté les atrocités commises sur les territoires soviétiques occupés, put prouver que le plan « Barbarossa » prévoyait dès le départ l’extermination de la population civile. Sans parvenir, cependant, à faire inclure le blocus de Leningrad parmi les chefs d’accusation retenus. À l’issue du procès, douze responsables du Reich furent condamnés à mort, sept à des peines d’emprisonnement, tandis que trois furent acquittés. Mais 80 ans plus tard, une chose est sûre : à Nuremberg, ce n’est pas une vengeance qui s’est exercée contre un ennemi vaincu, mais la justice qui a été rendue. La condamnation sans équivoque du fascisme est depuis l’un des principes moraux du droit international.